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Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

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6e dimanche ordinaire B


Dimanche 15 février 2009 - 6ème T.O.B
 1 Co 10,31-33–11,1

Frères,

31                             tout ce que vous faites:
                 manger, boire, ou n’importe quoi d’autre,
                                 faites-lepour la gloire deDieu.
32                             Ne soyez un obstacle [pour personne],
                  ni pour les Juifs, ni pour les païens, ni pour l’Église de Dieu.


33                             [ Faites] comme moi :
       en toutes circonstances, je tâche de m’adapter à tout le monde ;
                  je ne cherche pas mon intérêt personnel,
                  mais celui de la multitude des hommes
                                 pour qu’ILS SOIENT SAUVES.


11,1                         Prenez-moi pour modèle ;
                                 (devenez mes imitateurs)
                                 mon modèle à moi, c’est le Christ.
                             (comme [je le suis] moi-même du Christ)

 

COMMENTAIRE 

cf. www.anneesaintpaul.fr 

 

 

 1Co 10, 31-33.11, 1


v. 31
Pour Paul, l’enjeu de la morale n’est pas d’imposer ou de prescrire chaque geste à accomplir. Il ne s’agit plus de faire telle ou telle chose. Il est possible de tout faire « pour la gloire de Dieu ». Paul propose finalement une morale de la liberté et de la responsabilité personnelle, ce qui n’est pas moins exigeant. Cette morale peut se résumer dans la formule : « Tout m’est permis, mais tout n’est pas profitable ; Tout m’est permis, mais je ne me laisserai, moi, dominer par rien. » (1 Co 6, 12). Tout faire « pour la gloire de Dieu » suppose bien sûr que certaines choses ne sont plus possibles : on ne peut mentir, voler, insulter ou haïr « pour la gloire de Dieu » !Il est souvent plus facile de prescrire ce qu’il ne faut pas faire. Ainsi une grande partie du Décalogue est formulée de façon négative. Il est aussi possible de légiférer sur les moindres détails de la vie quotidienne (ce qu’il faut manger ou boire, comment se comporter…). Mais alors le risque est grand de résumer la vie morale à une série de contraintes à remplir et donc de l’évaluer en fonction des performances obtenues.


v. 32
Chacun est non seulement responsable de sa propre vie au regard du Seigneur, mais également de celle des autres. Certains comportements, même s’ils semblent apparaître légitimes du point de vue de leur auteur, peuvent devenir pour les autres un scandale. Il devient alors nécessaire, avant d’entreprendre une démarche, de se poser la question non seulement de son bien-fondé, mais aussi de l’impact qu’elle peut avoir et de l’interprétation qui peut en être faite. Combien de situations dans la vie deviennent conflictuelles par suite de malentendus !Il ne s’agit certes pas de renier ses convictions profondes – qui sont toujours susceptibles de contestation – mais d’accepter que sa manière de les vivre et de les présenter puisse ne pas être comprise. On peut toujours dire « j’ai raison » et tous les autres « ont tort » en restant bien convaincu de ses positions, mais dans ce cas il est à craindre que l’annonce de la Bonne Nouvelle ne progresse pas beaucoup dans le monde… Paul sait par expérience que tous ne marchent pas à la même vitesse, que si l’horizon est commun pour tous, chacun y chemine à son propre rythme. Il faut savoir tenir compte de la force des uns et de la faiblesse des autres, mais aussi des circonstances qui ne relèvent pas nécessairement d’un choix personnel.


v. 33
L’objectif de Paul est de chercher le Salut du plus grand nombre et pour cela de s’adapter à chacun. Il accepte de prendre le temps, de considérer les différents points de vue, et surtout d’argumenter dans le souci « qu’aucun ne se perde ». Il manifeste là son souci « pastoral » au sens le plus littéral du terme : comme un bon berger, il désire faire parvenir l’ensemble du troupeau à bon port. Aucun ne doit se sentir laissé pour compte. Le Salut est une aventure collective. Chacun doit se sentir profondément solidaire de l’ensemble de la communauté. Cela suppose beaucoup de patience, de bienveillance, mais aussi de discernement pour répondre aux besoins légitimes de chacun, sans céder aux caprices ou aux déviances. Savoir s’adapter ne consiste pas à adopter la manière de penser de son interlocuteur, mais bien plutôt de tenter de le comprendre. C’est pourquoi aucune annonce de l’Evangile n’est possible sans une écoute préalable, sans la volonté de comprendre la société à laquelle elle s’adresse. C’est bien dans cette perspective que les Pères du concile Vatican II ont désiré s’adresser à l’Eglise et au monde, en particulier, dans les premiers mots de la constitution sur l’Eglise dans le monde de ce

temps : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. » (1965 Gaudium et Spes 1)


v. 11, 1
Paul va même jusqu’à se proposer pour modèle. Cette invitation pourrait nous surprendre et nous faire douter de l’humilité de l’Apôtre. Mais ce dernier sait bien que c’est le Christ l’unique modèle, c’est de lui qu’il tient cette disposition à devenir pasteur, à l’image du Bon Pasteur, de conduire tout homme vers le Salut. La vie de Paul est en effet imprégnée de la présence du Christ et le prendre pour modèle, c’est laisser le Christ prendre toute la place dans sa vie. Les saints sont transparents à la présence du Christ : chercher à leur ressembler revient à chercher à ressembler au Christ lui-même.

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