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Le blog de l'Abbé Benoît

Un blog qui donne de vivre joyeusement sa foi en Dieu Trinité. Faire connaître, aimer, adorer, louer Dieu en tout tant et en toute circonstance et vivre constamment dans l'action de grâce.

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Mercredi des Cendres



Mercredi 25 février 2009 - Les Cendres
 2 Co 5, 20-21 ; 6, 1-2


Frères,

20 nous sommes les ambassadeurs du Christ
et par nous
c’est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel.
AU NOM DU CHRIST,
nous vous le demandons,
LAISSEZ-VOUS RECONCILIER AVEC DIEU.
21 Celui qui n’a pas connu le péché,
Dieu l’a pour nous identifié au péché des hommes,
afin que, grâce à lui,
nous soyons identifiés à la justice de Dieu.
6,1 Et puisque nous travaillons avec lui,
nous vous invitons encore
à NE PAS LAISSER SANS EFFET LA GRACE REÇUE DE DIEU.
2 Car il dit dans l’Écriture :
« Au moment favorable, je t’ai exaucé ;
au jour du salut, je suis venu à ton secours. »
Or, c’est maintenant le moment favorable,
c’est maintenant le jour du salut.

COMMENTAIRE 

cf. www.anneesaintpaul.fr 

 

 

 

v. 20
La fonction d’un ambassadeur est de manifester la présence du pays dont il est originaire au sein du pays vers lequel il est envoyé. A ce titre, il se doit d’être le fidèle représentant de celui qui l’envoie. Il ne se donne pas lui-même la mission dont il est chargé et il est tenu de rendre compte de ses activités. L’image et la réputation d’un pays sont engagées dans l’action de l’ambassadeur. Ce dernier ne travaille pas pour ses propres intérêts, mais pour ceux de son gouvernement.
En se présentant comme ambassadeur du Christ, saint Paul nous rappelle la responsabilité des chrétiens dans le monde. Ils représentent le Christ, ils sont la « vitrine de l’Eglise » pour les non chrétiens. L’image en effet que beaucoup d’hommes et de femmes peuvent avoir de l’Eglise aujourd’hui dépend de celle qu’ils ont des chrétiens qu’ils rencontrent. Se présenter comme chrétien, c’est être l’ambassadeur du Christ, celui qui le représente dans la société. L’image que renvoient les chrétiens n’est donc pas neutre pour la crédibilité même de l’Eglise entière.
L’ambassadeur peut aussi être porteur d’un message. Dans le cas de saint Paul, il adresse à ses interlocuteurs un appel à se laisser réconcilier avec Dieu. Il lance cette invitation à tous ceux qui voudront bien accueillir son message. Comme ambassadeur, il est aussi conscient de sa responsabilité, il n’a pas le droit de se taire, quelles que soient les conséquences de son appel.
La réconciliation annoncée par Paul et par l’Eglise vient rejoindre l’attente profonde de tout homme : réconciliation avec Dieu et donc avec son prochain et avec soi-même. L’aspiration authentique de tout homme de bonne volonté est bien de trouver la paix et l’unité.


v. 21
Ce que le péché a détruit ou dégradé en l’homme, seul Dieu peut le guérir et le renouveler. Le Christ a consenti à échanger le péché de l’homme contre la justice de Dieu. Il réalise cet échange dans sa personne, il est « identifié » au péché : sur la Croix, il en manifeste l’horreur et le rend visible pour tous. L’ambassadeur lance alors un appel à l’homme pour venir déposer son péché au pied de la Croix afin d’en recevoir la justification qui vient de Dieu. Ce que l’homme ne pouvait réaliser par ses propres forces devient possible par la Croix du Christ où se réalise cet échange. Dans la vie du chrétien, le sacrement de réconciliation est la réponse à l’appel lancé par saint Paul. Il est le lieu où le péché est déposé pour retrouver la plénitude de la vie avec Dieu. « C’est beau, disait le curé d’Ars, d’avoir un sacrement qui peut guérir les âmes ».


6, 1
Comme tout sacrement, la réconciliation est un don de Dieu. Elle ouvre le chemin de la conversion véritable dans la mesure où elle communique la grâce qui est la vie et la lumière de Dieu. Mais ce don, l’homme est libre de l’accueillir ou bien de le refuser. Pour l’accueillir, il devra manifester son désir de le recevoir et donc effectuer une démarche qui demandera toujours un certain effort, gage d’un acte pleinement libre qui engage vraiment. Depuis le fait d’accepter de rencontrer le prêtre dans le sacrement jusqu’à la décision de partir en pèlerinage, la grâce n’aura d’effet que si elle est accueillie. La vie spirituelle est ainsi faite qu’elle suppose ce combat et cette vigilance de tous les instants pour rester une démarche vraiment libre.


v. 2
Ce cadeau, il faut le saisir lorsqu’il se présente. Nul ne sait quand et comment il se présentera à nouveau. Ce n’est pas tant Dieu qui se lasse du refus de l’homme, c’est plutôt l’homme qui devient sourd à force de refuser le don de Dieu. Le Salut est pour aujourd’hui. La décision de revenir à Dieu ne peut être remise au lendemain, car elle provient justement déjà d’un appel de Dieu. Le désir de prier, de se confesser, de pardonner ne doivent pas être différés de peur de laisser perdre un don précieux de Dieu. Les urgences de la vie quotidienne finissent par étouffer les véritables enjeux de notre vie sur cette terre. Ce temps qui nous est donné est limité. Il est d’autant plus précieux. Chaque année, la liturgie nous offre à nouveau l’occasion de revenir à Dieu dans le temps du carême. Si ce temps revient chaque année, viendra un temps où, pour nous, il ne reviendra plus. Tout se joue en cet instant comme le chante le psalmiste : « Aujourd’hui ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur » (Ps 95, 7-8).


 

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