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DE LA PREMIERE LETTRE DE JEAN :


1 Jean 2

2.22 Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ? Celui-là est l'antéchrist, qui nie le Père et le Fils.
2.23 Quiconque nie le Fils n'a pas non plus le Père; quiconque confesse le Fils a aussi le Père.
2.24 Que ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous. Si ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous, vous demeurerez aussi dans le Fils et dans le Père.
2.25 Et la promesse qu'il nous a faite, c'est la vie éternelle.
2.26 Je vous ai écrit ces choses au sujet de ceux qui vous égarent.
2.27 Pour vous, l'onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n'avez pas besoin qu'on vous enseigne; mais comme son onction vous enseigne toutes choses, et qu'elle est véritable et qu'elle n'est point un mensonge, demeurez en lui selon les enseignements qu'elle vous a donnés.
2.28 Et maintenant, petits enfants, demeurez en lui, afin que, lorsqu'il paraîtra, nous ayons de l'assurance, et qu'à son avènement nous ne soyons pas confus et éloignés de lui.


POUR RUMINER LA PAROLE :

1. SITUATION.

Parmi les 3 Lettres de Jean, seules la 2ème et la 3ème se disent avoir été écrites par un auteur qui se nomme "l'Ancien". Cela n'empêche pas que la 2ème Lettre de Jean partage nombre de ses idées et une grande partie de son vocabulaire avec la 1ère Lettre de Jean, qui, elle, ne porte pas dans son texte de nom d'auteur.

Beaucoup, mais pas tous, considèrent que la 1ère lettre de Jean doit être lue à la suite et en complément de l'Evangile de Jean, et doit donc pour cela être considérée comme écrite par le même auteur, que l'on pense être l'Apôtre Jean, qui se déclare, dans l'Evangile, "le disciple que Jésus aimait".

Indépendamment des obscurités qui demeurent concernant soit l'auteur unique, soit des auteurs multiples de l'Evangile et des 3 Lettres attribuées à Jean, ces 4 documents tirent leur origine d'une même école d'interprétation des paroles et des actions de Jésus, école que l'on nomme volontiers "la communauté du disciples que Jésus aimait".

Quant aux dates de composition de ces 4 textes, la majorité des spécialistes les situent les uns par rapport aux autres selon un ordre de composition qui correspond à la place qu'ils occupent dans le Nouveau Testament : l'Evangile, puis la 1ère Lettre , puis la 2ème Lettre, et finalement, la 3ème Lettre de Jean.

Autre constatation : dans ces 3 Lettres, surtout dans la 1ère, il est question de divisions dans la communauté, où l'on doit se séparer de ceux qui "nient que Jésus est venu dans la chair", et sont, pour cette raison, appelés "anti-christs" (1 Jean, 2, 18 - 19 et 4, 2 - 3; 2 Jean, 4, 9).

Si la 2ème et la 3ème Lettre de Jean sont, à l'évidence, des "Lettres" adressées à un ou plusieurs destinataires, la 1ère Lettre ressemble plutôt à une "homélie", difficile à structurer, mais qui se présente comme porteuse d'une message d'exhortation et d'assurance.

On peut toutefois trouver un "fil directeur" de cette 1ère Lettre en l'unifiant autour du thème de notre "communion avec Dieu", dont 3 séries de critères nous sont proposés :

- nous sommes en communion avec Dieu en participant à la lumière de Dieu (dans laquelle il nous faut marcher, libérés du péché, dans l'amour et dans la foi : 1, 5 - 2, 28),
- nous sommes en communion avec Dieu dans la mesure où nous sommes enfants de Dieu (par la pratique de la justice, en ne péchant pas, puis de la charité, à l'exemple du Fils de Dieu, et du discernement dans la foi : 2, 29 - 4, 6),
- nous sommes en communion avec Dieu dans la réception de son amour (amour qui vient de Dieu, lui-même défini comme "Amour", et qui s'enracine dans la foi, laquelle est bien la racine de la charité : 4, 7 - 5, 12)



"Marcher dans la Lumière", tel est donc le 1er thème développé en cette 1ère Lettre de Jean (1, 5 - 2, 28), suite au Prologue qui l'a
ouverte (1, 1 - 4).

Marcher dans la Lumière, c'est se conformer à l'attitude de Dieu, défini comme Lumière, en étant libéré du péché (1, 5 - 2, 2), c'est observer le commandement de l'amour fraternel (2, 3 - 11 ), c'est vivre dans la foi face au monde et aux antichrists (2, 12 - 28 : ici se trouve notre page).

De même qu'il faut rejeter le monde et ses valeurs transitoires (2, 15 - 17) il faut agir de même à l'égard de ceux qui se sont séparés de la communauté Johannique, où vit et s'exprime l'auteur de cette lettre (2,18 - 28). Ceux qui ont reçu l'onction de l'Esprit du Christ ne peuvent se laisser égarer par leur enseignement.



2. MESSAGE.

L'auteur a commencé par nous signaler que la division entre chrétiens est un "signe" de la fin des temps (2, 18 - 19). Ce faisant, il rappelle l'enseignement de Jésus lui-même, qui avait déclaré que l'apparition des "faux christs" et des "faux prophètes" en est l'annonce (Marc, 13, 21 - 23). Paul nous tient un langage semblable (1 Corinthiens, 11, 19).

Face à cette "menace" des antichrists, l'onction de l'Esprit Saint reçu par les croyants, dès leur entrée dans la communauté écclésiale, doit les confirmer dans la vérité du message-témoignage qui leur a été transmis.

En effet, Jésus a affirmé dans l'Evangile que le Paraclet-Esprit Saint est celui qui conduira les disciples vers la Vérité totaJe (Jean, 16, 13).

Et cette Vérité concerne vraiment Jésus et tout ce qu'il représente en relation avec Dieu : il est le Christ-Messie, il est le Fils du Père, en qui nous devons demeurer, et qui nous a promis la Vie éternelle.



3. DECOUVERTES.

La profession de foi de base de toute cette lettre, et qui reparaît souvent, d'une façon ou d'une autre, est bien que "Jésus est le Christ, et qu'il est venu dans la chair".

Ainsi seulement pouvons-nous entrer dans son mystère de "Fils" et comprendre sa relation au Père.

Cette insistance sur l'onction de l'Esprit semble indiquer que les "dissidents", appelés "antichrists", se réclament aussi, à leur façon, de l'Esprit Saint. Mais on ne peut séparer l'action de l'Esprit de l'enseignement de Jésus, que ses témoins autorisés, c'est-à-dire les fondateurs de la communauté, nous ont transmis : relire Jean, 14, 26.

Ce comportement indiqué par notre texte nous donne de l'assurance : de même qu'aimer son frère signifie que l'on marche dans la Lumière de Dieu, demeurer fidèle au témoignage reçu doit nous permettre de paraître devant la face du Christ, sûrs de lui appartenir, au Jour du Jugement.


4. PROLONGEMENT.

Depuis l'origine de l'Eglise, le critère de la Vérité, c'est la conformité à ce qui nous a été transmis par les témoins de Jésus, ceux qui ont vécu avec lui, ceux qui l'ont rencontré ressuscité.

Les Ecritures du Nouveau Testament, admises par tous les chrétiens depuis le temps des premières générations, est considéré comme le repère d'origine, inconstesté et inconstestable, de la tradition authentique concernant Jésus.

Une question permanente demeure, qui s'est posée et se pose à toutes les époques de la vie de l'Eglise : comment retraduire ce message des origines face aux questions nouvelles du moment, aux évolutions constantes des sciences et des cultures ? Et c'est surtout à ce niveau que, depuis le début, les chrétiens se sont divisés.

Depuis l'avènement de l'oecuménisme, le choix a été fait de se rencontrer dans le dialogue, pour essayer de mettre clairement nos différences sur la table de nos discussions, plutôt que de se traiter d"'antichrists", alors que beaucoup de chrétiens de différentes confessions sont les descendants, dans la fidélité, de ceux qui se sont divisés, dans un passé plus ou moins lointain.



Seigneur Jésus,
la veille de ta mort, devant les tiens, et au cours de ton dernier repas,
tu as prié pour que soient "un" tous ceux qui te suivent ou te suivront dans l'avenir,
et il nous appartient, à notre tour, de "faire la vérité dans la charité"
face à des frères et des soeurs différents, qui ont reçu ton message
et vécu selon ta Parole, dans la foi, autrement que nous :
apprends-moi à ne chercher que la Vérité qui vient de toi,
en sachant toujours écouter avec ouverture et respecter,
dans une recherche et une réflexion partagées,
tous ceux et toutes celles qui essayent, comme moi,
de marcher derrière toi comme d'authentiques disciples,
et qui sont, de ce fait, mes frères et mes soeurs en toi. AMEN.
Tag(s) : #TEXTE LITURGIQUE DU JOUR et son Commentaire

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